LA SAGRADA FAMILIA, église espagnole dont la construction a débuté en 1882 et qui est aujourd’hui toujours en chantier, pourrait enfin être achevée…grâce à l’impression 3D. Une technologie moderne qui s’adapte parfaitement à ce monument historique, explique Matthieu Prud’homme, spécialiste du recours aux imprimantes 3D dans l’architecture.

La Sagrada Familia

Pour parvenir à terminer la Sagrada Familia – chef d’œuvre architectural de Gaudi à Barcelone qui demeure inachevé depuis 133 ans – l’architecte en chef du projet, Jordi Coll, utilise la technique de l’imprimante 3D.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est la technique la plus appropriée pour achever de bâtir cette église dont la construction a débuté en 1882.

PAS DE PLAN 2D

La particularité du monument espagnol réside dans son manque de symétrie et la complexité de sa géométrie. Ce qui explique qu’il n’existe pas de plans en 2D de la construction dans son ensemble. La 3D est donc bien plus adaptée que la 2D pour la Sagrada Familia.

Pour finaliser cette construction, le challenge pour les équipes de Jordi Coll est de réussir à :

1. Faire l’inventaire des fragments de modèles et des restes des modèles originaux brisées.

2. Élaborer des hypothèses pour comprendre les pièces manquantes. Réaliser des modèles 3D en plâtre préalables à la construction. Vérifier le plan de l’église de la construction.

3. Construire les parties réelles (béton, pierre et voûtes catalanes).

Leur mission a pu être accélérée grâce au développement des imprimantes 3D.

DEUX IMPRIMANTES 3D

En effet, son introduction a permis la matérialisation des dessins d’une manière automatisée offrant des détails très précis, le tout en quelques heures.

Le studio technique de la Sagrada Familia a investi dans deux imprimantes 3D Systems pour aider et simplifier la tâche de l’équipe. Grâce à elles, le personnel peut consacrer l’essentiel de son temps à comprendre, rechercher, tester et ainsi résoudre l’énigme de ce puzzle géant !

Les architectes utilisent souvent ces mêmes méthodes, mais à une échelle beaucoup moins impressionnante.

Deux sortes de maquettes sont exploitées : celles dites d’étude et les maquettes de concours. Les deux techniques sont sûrement utilisées dans la poursuite de la construction de la Sagrada Familia.

La première permet de se projeter dans l’espace, de visualiser certains éléments qui ne le sont pas facilement en 2D. C’est donc un modèle qui a vocation à aider à la réalisation du projet mais qui n’est pas en soi une finalité.

UN PROJET EXCEPTIONNEL

La deuxième permet directement la construction d’une partie de bâtiment. La méthode utilisée s’appelle la stéréolithographie ou méthode de prototypage rapide. Elle rend possible la fabrication d’objets solides à partir d’un modèle numérique.

Pour réussir à reproduire des parties de l’église et conserver l’harmonie de l’oeuvre, l’architecte doit scanner certains bouts choisis de la Sagrada Familia, en tournant autour de la pièce en question avec un scanner.

Une fois numérisée à l’aide d’un logiciel informatique, la partie du bâtiment peut-être imprimée en 3D. Finalement, ces techniques ne sont ni novatrices ni particulièrement techniques mais utilisées à une échelle aussi importante que celle de la Sagrada Familia, elles impressionnent toujours.

D’autant plus que ce genre de projet est plutôt rare. C’est souvent le domaine de l’archéologie qui requiert de telles méthodes.

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